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Interview avec Gwenaëlle Batard – Mihira Ayurveda

J’ai rencontré Gwenaëlle en septembre 2017, au cours d’un déjeuner d’entrepreneurs. Comme il n’y a pas de hasard ou que celui-ci fait bien les choses, nous étions dans le même coin de table. Depuis, nous avons eu l’occasion d’en partager plusieurs (de tables !). À chaque fois, je suis captivée par son sourire pétillant et communicatif, son approche de l’Ayurveda mais aussi par la manière dont elle développe son activité de praticienne. C’est notamment sur ces deux sujets que j’ai souhaité l’interroger il y a quelques mois. 

Bonne lecture et belle découverte ! 
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1.Bonjour Gwenaëlle, peux-tu te présenter stp ? 
Je m’appelle Gwenaëlle Batard, je suis la fondatrice de Mihira Ayurveda et de « l’Ayurveda Sourire ». Mihira veut dire « soleil » en Sanskrit.
Mon objectif avec cette technique, l’Ayurveda Sourire, est d’accompagner mes pépites (le nom que je donne à mes clientes) à faire resplendir la meilleure version d’elles-mêmes et leur soleil intérieur (Mihira).

2. Depuis combien de temps es-tu praticienne en Ayurveda ?
Cela fait 2 ans et demi que je suis à mon compte, mais cela fait très longtemps que je m’intéresse à l’Ayurveda. Le premier livre d’Ayurveda que j’ai ouvert, ça devait être dans les années 2000. L’Inde est un pays qui m’accompagne depuis toute petite.

3. Que faisais-tu avant ? Et comment en es-tu venue à ce métier ?
Je travaillais dans la création de parfum. Le parfum c’est une passion depuis toute petite et l’Inde une fascination, ce sont les deux grands aspects de ma vie. J’ai travaillé dans la création de parfum pendant longtemps, en France et à l’étranger, et un jour je me suis rendue compte que je n’étais plus en alignement avec cela, ça ne correspondait plus à qui j’étais.
Le seul truc qui me parlait vraiment et me mettait des papillons dans le ventre, qui créait de l’envie et de l’enthousiasme chez moi, c’était l’Ayurveda. C’est pour cela que j’ai décidé de m’y consacrer pleinement.
J’ai testé l’Ayurveda sur moi, j’ai cherché mon prof pendant longtemps pour trouver quelqu’un en adéquation avec mes valeurs. J’ai appris l’Ayurveda en France, en Suisse, et en Inde. J’ai étudié les plantes médicinales ayurvédiques mais aussi locales – européennes- car je pense que c’est logique de travailler avec des plantes de son environnement de naissance. Je me suis également formée à l’éthnobotanique, une part importante de ma vie.

4. Est-ce que tu peux nous en dire plus sur ta pratique, l’Ayurveda Sourire ?
L’Ayurveda Sourire est une technique que j’ai créée, elle mêle l’Ayurveda traditionnel avec la pensée positive et des outils de développement personnel.
J’aide « mes pépites » à être actrices de leur vie, de leur santé et surtout à apprendre à quel point elles sont formidables et magnifiques. Je les aide à révéler leur puissance, à redévelopper l’estime et l’amour de soi ainsi que leurs capacités naturelles d’auto guérison, tout ça dans dans la joie et la bonne humeur.  
J’ai appelé ma pratique l’Ayurveda Sourire car le sourire est le début de toutes les guérisons. La joie est une émotion authentique et innée chez chacun et s’y reconnecter permet de se relier à sa vraie nature, à sa divinité intérieure.


5. Comment as-tu eu l’idée de personnaliser l’accompagnement que tu proposes (avec l’Ayurveda Sourire) ?
Quand tu veux apporter quelque chose de spécifique, propre à toi, tu te demandes « qu’est-ce que tu peux apporter de spécial ? », « C’est quoi ma spécificité à moi ? ».
Le sourire est un outil très puissant et il a toujours été très présent dans ma vie, dans ma façon d’être. Il fait partie de moi et j’ai fait de cet atout une force. 
Cela s’est donc fait naturellement, comme une évidence. J’avais envie que ma pratique se fasse dans la joie et la bonne humeur, même si on est bien sûr pas chez les bisounours, il n’y a pas de lumière sans ombre.

6. Est-ce que ton approche de l’ayurveda diffère de celle des autres praticiens ? 
Comme les autres praticiens, je m’intéresse avant tout à l’humain mais je crois que mon approche, avec l’Ayurveda Sourire, est assez différente. 
Il y a une énorme valorisation de l’être et de ses spécificités en fonction de son histoire, de ses blessures, de son contexte de vie, de son niveau d’estime de soi etc. Le travail de reconnexion à soi, va au-delà de la constitution ayurvédique et se base sur la lecture des maux à travers les mots et une écoute active.
 Mon approche n’est pas mathématique, il n’y a pas une consultation qui se ressemble, elle est proportionnelle à la richesse de mes Pépites.
C’est tout le temps une rencontre avec l’autre, avec ce avec quoi elle a envie de s’ouvrir, sur quoi l’on peut travailler ensemble. Ce n’est pas stratégique, ni paramétré.
Les seules règles, ce sont quelques outils de base purement ayurvédiques que j’utilise comme des repères pour connaitre la constitution et les déséquilibres de la personne. Ce sont  mes supports, c’est comme si je partais en voyage et que j’avais besoin d’un minimum d’affaires à mettre dans la valise pour être sûre qu’il va bien se passer. Je ne sais pas quel chemin, ni quel moyen de transport on va prendre.

7. Est-ce que le fait de mixer Ayurveda et développement personnel ne contribue pas à rendre l’Ayurveda plus accessible ?
Si tout à fait, cela le rend plus accessible, plus actuel, plus adapté à notre mode de vie et hygiène de vie occidental.
L’Ayurveda traditionnel est dur à intégrer au quotidien car ce n’est pas notre culture, ce n’est pas notre mode de vie, on n’a pas la même vision holistique des choses.
Ici, on fonctionne au symptôme-traitement de la médecine allopathique, donc déjà se dire que le mal est un message du corps et qu’il faut aller à la source du nœud, c’est une approche qui est à l’opposé de ce que l’on fait et de ce que l’on a l’habitude d’entendre. Donc intégrer l’Ayurvéda traditionnel alors qu’on a grandi en France avec ce fonctionnement complique les choses. C’est pour cela qu’il est important de le réadapter sans affecter son authenticité.
Je pense que ma pratique est un bon compromis pour que l’Ayurveda devienne plus accessible. Et c’est ce dont on a besoin ici ; bien plus qu’en Inde où de toute façon cette connexion à la spiritualité et à son être est bien plus présente. Ici, on est tellement déconnecté de soi et de son corps que l’on a besoin de pouvoir se rassembler avec ce genre de pratique.

8. Quand tes clients arrivent, ils arrivent avec quoi ? Quelle est leur problématique de départ ?
C’est toujours pour un besoin d’équilibre, que ce soit physique ou mental. Dans tous les cas, chaque personne qui rentre dans mon cabinet a toujours un truc à travailler avec l’amour de soi, ça c’est sûr. Les problèmes physiques sont toujours une conséquence d’autre chose.
En Ayurveda, tous les maux du corps sont une manifestation des maux de l’esprit.
Avant la première consultation, je demande à la personne de définir ses objectifs de consultation pour savoir où est-ce que l’on va et que l’on sache sur quoi elle veut travailler.
L’important est de respecter ses attentes de départ en les orientant aussi avec ce qui se passe pendant les consultations. Peut-être que ses objectifs vont changer pendant la consultation mais c’est à elle d’en décider, pas à moi.


9. Est-ce que tu as une clientèle type ? Un même profil de personne avec des problématiques similaires ?
J’ai vraiment tous les types de profil. 
J’ai régulièrement des personnes qui ont des problèmes digestifs mais aussi des problématiques de stress qui vont engendrer par exemple des troubles ostéo-articulaires, des troubles du sommeil, des problèmes de gestion émotionnelle. Il y a aussi beaucoup de troubles hormonaux. Tout est lié. 
Je reçois 95% de femmes, entre environ 35-50 ans, mais j’ai aussi des ados.
Je reçois aussi des personnes qui ont une maladie chronique, qui n’ont pas réussi à se soigner avec la médecine allopathique, donc du coup elles n’ont plus rien à perdre, et testent d’autres approches pour se soulager. 

10. Est-ce que tu souviens de ton premier client et comment il t’a trouvé ?
Ma première consultation c’était pour valider mon diplôme, j’ai suivi une personne pendant 3 ou 4 rdv. La vraie première cliente c’était via du bouche à oreille.


11. Et maintenant ? Comment les clients viennent à toi ?
Il y a beaucoup de bouche à oreille. Ce sont aussi des personnes qui ont été à une de mes conférences, qui ont lu un article sur moi, qui m’ont rencontrée ou bien quelqu’un qui cherchait un praticien en Ayurveda sur Paris et qui a tout simplement fait la recherche. Cela fonctionne bien car nous ne sommes pas beaucoup et je suis bien référencée sur internet.


12. Tu as eu plusieurs publications dans la presse, un passage TV, des émissions de radio, des conférences sur des festivals ou avec des marques. Est-ce que tu as fait une démarche particulière ? 
Depuis le début, j’ai essayé d’être la plus visible possible, par tous les moyens. À chaque fois qu’il y a eu une opportunité sur mon chemin, je l’ai saisi.
Cela m’a demandé beaucoup d’énergie mais maintenant je ne fais que récolter les fruits de mon travail de manière indirecte. Je n’ai pas cherché à être contactée par la tv, par la radio ou la presse, c’est venu tout seul, suite à mes actions précédentes. Pour la TV, par exemple, la journaliste avait lu un article que l’on avait écrit sur moi pour un blog.
 J’ai été authentique et naturelle tout le long et la vie m’a fait des cadeaux soit parce que je m’en suis donnée les moyens en développant au maximum mon activité et visibilité, soit parce que j’ai juste été moi-même, sans aucune arrière-pensée, sans attentes.
La seule recette, selon moi, c’est d’avoir confiance en soi, en ce que l’on fait et avoir foi dans la vie. Notre part à nous, c’est de faire en sorte que ça marche en se donnant tous les moyens possibles et ensuite c’est la vie qui décide, et si ça doit marcher, ça marchera.

13. Est-ce que tu as pu déjà mesurer les retombées de cette belle exposition ?
On ne s’en rend pas compte tout de suite. Ce n’est parce qu’on va avoir un article dans un magazine féminin, que l’on va avoir tout de suite 10 clients de plus.
En fait, ce sont tous les petits trucs que j’ai fait qui font que je suis à chaque fois plus visible, et à chaque fois on va associer de plus en plus l’ayurveda à moi et mieux connaitre ma pratique. Ce sont plein de petites graines qui sont en train de construire un jardin.

14. Niveau communication, qu’est-ce que tu as mis en place ? Qu’est ce qui semble porter ses fruits ?

J’ai commencé avec Facebook, ça marchait du feu de dieu et maintenant moins à cause des nouveaux algorithmes. J’ai aussi un compte Instagram, Linkedin, une newsletter, un site internet et je suis dans des annuaires de thérapeutes. Mais j’avoue me sentir souvent dépassée et manquer de temps.

Je fais aussi régulièrement des conférences, des ateliers, des meetups, des networking. Je travaille aussi avec d’autres praticiens pour faire connaitre ma pratique et connaitre celle de l’autre afin d’être en mesure de proposer des complémentarités. J’essaie aussi de travailler en entreprise quand cela est possible. 

Ce qui marche le mieux, c’est mon site internet qui me donne une très bonne visibilité car je suis bien référencée.

Ce qui compte dans ma pratique, à mon avis, c’est que la personne me rencontre d’une façon directe ou indirecte car ça la rassure. Elle a besoin d’être rassurée car l’ayurveda n’est pas très connu et elle a besoin de voir que ce n’est pas totalement folklo. Il faut qu’elle me voit en mouvement – dans une dimension plus humaine que l’écrit – pour pouvoir passer à l’acte.

Pour moi, le meilleur moyen de communication c’est d’être en contact avec l’autre en fait et d’aller à sa rencontre et de sentir quelque chose de « réel » et « énergétique » (via la voix, la présence, le mouvement).

Après c’est sûr que pour pouvoir le mettre en place, les réseaux sociaux et autres outils sont utiles.

La question que se posent mes potentiels clients est « est-ce que ça me parle ?  Est-ce qu’au fond je sens que c’est juste pour moi ?». Et cela est plus facile à évaluer en vrai.


15. As-tu des conseils pour les entrepreneurs du bien-être en phase développement ?
Avoir la foi en soi, en la vie, savoir que ça va marcher et en être convaincu au plus profond de soi. Se dire que l’on sera soutenue d’une manière ou d’une autre et que ça va le faire.  


16. Ton mantra préféré ?  
Il y a le mantra de l’Ayurveda Sourire : « La joie du cœur est la santé du corps ». Ça résume ma pratique et j’y crois à fond.
Sinon j’en ai plein, ça dépend des jours. Il y a une citation que j’aime beaucoup : « Suis tes rêves, ils connaissent le chemin. » ou sinon une de Maya Angelou : « Si tu t’efforces d’être normal, personne ne saura à quel point tu peux être extraordinaire. » 
Sinon à la fin de chaque consultation, mes pépites piochent une Mariposa, c’est un petit papillon en origami, fait par mes soins et qui contient une citation positive.


17. As-tu des projets à venir ?
J’organise une retraite : « Comment faire resplendir son intérieur, du corps à l’habitat ». Cela mélange l’Ayurveda et le Vastu Shastra, une science védique.
J’ai aussi des cycles de conférences (notamment sur la séduction, le sommeil, la sexualité, les épices, les plantes) qui vont reprendre.
Je vais aussi organiser des cercles de femmes et d’hommes orientés Ayurveda.
Et sinon, il y a mon livre, l’Ayurveda Sourire, qui va sortir début 2019, aux éditions Marie-Claire. Il est déjà disponible en pré-commande sur Amazon et la Fnac. Je vais aussi reprendre mes vidéos sur ma chaine Youtube.


18. Est-ce que tu as quelque chose à rajouter ?
L’Ayurveda Sourire change ma vie en changeant celle des autres. Je suis une élève en apprentissage permanent. Cette technique je l’ai mise en place et finalement c’est elle qui m’apprend !